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Full text of "Barrême, arithméticien et poète [microform]"

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Author 



Vivarez, Henry 



Title 



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COLUMBIA UNIVERSITY LIBRARIES 
PRESERVATION DIVISION 

BIBLIOGRAPHIC MICROFORM TARGET 



ORIGINAL MATERIAL AS FILMED • EXISTING BIBLIOGRAPHIC RECORD 



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Vivarez, Henry 

••• Barreme, arithméticien et poète, par Henry 
Vivarez ••• Lille, Lefebvre, 1909. 

16 p. faosims. 26^ cm. (Les étapes du progrès 

•Extrait du Bulletin de la Société archéolo- 
gique, historique et artistique le Vieux papier, 
mars-mai, 1909 •" 

Présentation copy with author's signature on 
cover. 



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LES ÉTAPES DU PROGRES 



BARRÊME 

fÎRITHMÉTICIEN ET FoÈTE 



PAR 



Henry VIVAREZ 

ANi IKN KI.l.VK DE l'ÉCOLE POLYTECHNIQUE 
PRÉSIDENT DE LA SOCIETE '" LE VIEUX PAPIER 



Extrait du Bulletin de la Société archéologique, historique et artistique LE VIEUX PAPIER 

Mars-Mai 1909. » 



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LILLE 

LM P R L\l E R 1 E L E F E B V R E - D U C R O C Q 

1909 






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Baprême arîtbr^étîcîei) et poète. 




ES inventions reçoivent souvent, de la consécration populaire, 
le nom même de leurs auteurs. Il serait facile d'en multi- 
plier les exemples. Le contrôleur des finances Silhouette, 
l'intendant Poivre, l'architecte Mansart, le général anglais Raglan, le 
chapelier Gibus, le philanthrope Richard Wallace^ le préfet de la Seine 
Poubelle et beaucoup d'autres, ont été, à des époques diverses, les parrains 
si complets de leurs créations, que le public a fini par oublier les personnes 
pour ne se souvenir que des choses. 

Parmi tant d'objets, ainsi baptisés du nom de leurs inventeurs, il n'en 
est pas dont la qualification ait été plus complètement adoptée que celle des 
tables de calculs tout fiiits, providence des gens à qui l'arithmétique n'est 
pas familière. Quand on dit un Barrême, tout le monde sait ce dont il 
s'agit. Il est vrai que bien peu savent, parmi ceux qui prononcent ce mot, 
que Barrême était un homme avisé, qui fut l'auteur d'une série d'ouvrages 
dont d'innombrables éditions se sont succédées, depuis plus de deux cents 
ans, et sont encore utilisées par certaines personnes. 

Cet homme était, en son genre, une manière d'homme de génie qui sut 
découvrir, s'approprier et exploiter une mine dont lui et ses successeurs 
tirèrent de grands profits. Et, cependant, il est aujourd'hui très difficile de 
trouver sur sa vie des renseignements autres que ceux qui résultent de son 

œuvre même. 

Né à Lyon vers 1640, il mourut à Paris en 1703 . Son portrait, gravé par 
Desrochers, nous le représente avec les caractères généraux communs à 
tous les personnages de son temps, sous une énorme perruque qui absorbe 
et voile en quelque sorte les traits principaux de sa physionomie. 

Ses biographies sont courtes. Le Dictionnaire de Michaud lui consacre 
une notice d'une vingtaine de lignes dont le principal intérêt est dans les 
dates et la nomenclature des premières éditions de ses divers ouvrages. 



Le Magasin Pittoresque ^ a résumé dans un article les rares épisodes de 
sa vie qu'on peut glaner en parcourant les premières éditions de ses ouvrages. 
Il nous apprend qu'avant de se tixer à Paris, François Barrême voyagea et 
que, se rendant de Toulon à Rome, par mer, il faillit perdre la vie dans 
Tattaque d'un corsaire qui pilla le navire qu'il montait. Il reçut dans la 
bagarre un coup de sabre et sauva miraculeusement sa vie et sa liberté. 

En 1668, il était à Paris, installé comme conférencier et professeur de 
comptabilité, ayant trouvé sa voie et cherchant par tous les moyens possibles 
à faire sa percée. 

Par un phénomène assez ordinaire qui éveille dans la cervelle des mathé- 
maticiens le goût de la poésie, sans doute par le sens du rythme et de la 
mesure, Barrême se piquait de faire des vers. Son œuvre poétique est assez 
importante, mais, il faut l'avouer, d'une sécheresse et d'une médiocrité 
remarquables. Ses vers sont construits suivant les règles et c'est ce qu'on 
peut en dire de mieux. 

C'est sous leurs auspices qu'il plaça son premier ouvrage^ en 1668. 

« Le vendredy 27 janvier, nous dit-il, six jours avant que le Roy partit 
» pour la Franche-Comté, Sa Majesté estant à Paris dans le Louvre, je me 
» mis à genoux devant luy, luy présentant sur un grand vélin mes Stances 
» chrétiennes et royales^ le suppliant très humblement de m'en accorder le 
» privilège et pour les livres des Comptes faits pour le public. 

» Il prit le vélin et, après en avoir lu quatre lignes, le donna à Monsei- 
» gneur le duc de Saint-Aignan en disant ces mots : « Je l'accorde pourveu 
y> que ce soit bon ». Le lendemain, je me donnay l'honneur d'aller saluer 
» Monseigneur le duc de Saint-Aignan dans son appartement au vieux 
» Louvre et luy ayant demandé s'il avait pris patience de lire les stances que 
» j'avais présentées à Sa Majesté le jour précédent, il me répondit qu'il estoit 
^f aisé de prendre patience à lire de belles et bonnes choses ». 

Son œuvre principale était donc lancée. Elle consiste en une sorte de 
petite bibliothèque de volumes contenant des tables de calculs, des rensei- 
gnements utiles aux comptables, aux commerçants, aux banquiers. 

Presque tous sont précédés de dédicaces à de grands personnages du 
temps, le plus souvent en vers. Son IJvre facile pour apprendre Varith7né' 
tique suit une ode de trente-trois strophes de dix vers chacune ; son ode 
à La Reynie, en tête du Livre nécessaire à toute sorte de condition^ a 
quarante-six strophes de dix vers. Son traité de Géométrie servant à 
Varpentage contient aussi une ode de vingt-trois strophes. 

Barrême avait une prédilection pour les sonnets et certains jeux d'a- 
dresse littéraire comme les anagrammes. On en trouve des échantillons 
variés dans un opuscule sans date qui porte le titre de Cayer Curieux de 

I. Année 1853, page 179. 



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Barrême aritmeticien contenant plusieurs pièce du Temps sérieuses et 
agréables ^ . 

En voici quelques spécimens : 

SONNET DEDICATOIRE 

A l'un des confidents du plus grand Roy du monde 
A cet heureux guerrier qui, dans le champ d'honneur, 
A servy son monarque avec tant de valeur, 
Qu'il s'est fait admirer sur la terre et sur l'onde, 

A celui qui méprise et la fraude et la fronde, 
A cet argus royal qui fait tout son bonheur, 
De veiller sur son maître et pour son bienfaiteur 
Mais d'une vigilance à nulle autre seconde, 

A cet homme de cour qu'on dit être sans fard 
Qui prépare en triomphe un miracle de l'art 
Et qui donne à son Roy le portrait de parade, 

A luy je dois offrir ce cahier curieux 

Parce que le seul nom du duc de la Feuillade 

Le peut mettre à couvert contre mes envieux. 

Le second sonnet laisse deviner la qualité de son auteur, c'est le Sonnet 
de r aritmeticien : 

Estre le successeur du Juste Louis n 
Rendre heureux ses sujets par ses nobles soucis 
Moissonner des lauriers même en estant ass — 6 
Hériter la valeur du grand Roy de la Fraize, 

Parmy les Souverains valoir autant que 16 
Battre ses ennemis jusqu'à je me dédits 
D'un Versailles terrestre en faire un para 10 
Et de la Foudre en main en soutenir la thèse, 

Se faire craindre au Turc qui règne au Pont Euss 5 * 

Voir un duc de Bourgogne à M. le Daufin, 
Couper le nœud gordien d'une alliance à 4, 

De ce grand coup d'Estat l'Europe en a veu 3 

Et de ces vérités qu'on ne saurait combatre 

J'en ai fait le portrait du plus puissant des Rois. 

Puis ce sont des jeux d'esprit, comme le Pour et le Contre^ qui expriment 
deux sens contradictoires suivant la façon dont on les lit : 

I s 

C'est être homme de bien D'haïr l'or et l'argent 

D'aimer l'argent et l'or On n'est pas raisonnable 

Qui ne l'estima rien Se peut dire admirable 

Il se fait un grand tor Qui va le ménageant. 

II y a douze strophes du même genre. 

Les anagrammes paraissent avoir pour Barrêine un charme tout parti- 
culier. Du nom et des qualifications de ses divers protecteurs, il cherche à 



I. Bibliothèque nationale, Ye 14883 



— 6 — 

extraire, par une combinaison différente des lettres, une phrase flatteuse et 
pittoresque. 

Si l'identité n'est pas complète il ne s'en embarrasse pas et prévient 
que l'approximation est à quelques lettres près. Sur le thème nouveau qu'il 
établit, il bnide un sonnet. 

Ainsi dans le titre Louis quatorzième (dit Auguste) Roy de France et 
de Navarre, il trouve la phrase : Doit aquerir et sujuguer (avec force) 
Amsterdam et Zelaiide, et il développe cette pensée dans le sonnet suivant: 

SONNET DU ROV 

Quand Rov qui moissonnés par vos heureux exploits 
Des lauriers immortels qui passent la créance. 
Le Ciel vous a choisi pour punir l'arrogance 
Des superbes Estats qui faisaient teste aux Roys. 

Vous allez ranger sous vos loix 
Amsterdam, la Zelande et toute leur puissance 

Mais avec telle diligence, 
Que jamais conquérent ne fit tant à la fois. 

Abattez cette hydre à sept testes. 
Poussez le fruit de vos conquestes, 
Sujugucs les maistres des mers. 

Ainsi leur puissance fléchie, 
Se verra sous la monarchie, 
Du plus grand Roy de l'Univers. 

Le sonnet de la Reyne et celui du Dauphin dérivent aussi de la même 
combinaison. 

Dans Marie Tliereze d'Austric/ie, il trouve, à deux lettres près : 

Jésus fdiniera chèrement 

et dans Louis de Boiirbo)i daiifiii de France^ il trouve, en changeant un 
F en M, 

Le bon mais bon frère du duc d'Anjou. 

Et voilà deux sujets de sonnets. 

Le nom de La Reynie latinisé ou Lareineius et passablement torturé, 
devient Sine labe vir^ c'est à dire : homme sans défaut et cet anagramme, 
fait, dit Barrême, par tin sage et sçavant docteur qui n'a pas voulu mettre 
son no)}i par modestie^ lui fournit l'épigrammc suivante : 

Vostre anagramme est admirable, 

Et le rencontre est si parfiiit, 

Qu'on ne voit rien de si bien fait, 

Ny de plus accomply ni de plus convenable. 

O ravissant esprit, vous parlez coiTime il faut, 

En disant qu'il est sans défaut. 

Enfin, la plupart des traités de Barrême sont précédés d'une sorte 
d'écusson dans lequel il groupe les lettres du nom de la personne à qui 



1 



» 



l'ouvrage est dédié, le dispositif étant suivi d'une épigramm.e explicative. 

Ce petit jeu dut lui paraître très ingénieux, car il l'a renouvelé maintes 
fois . 

Ainsi son livre des tarifs est dédié à Colbert dont il écrit le nom ainsi: 

T H 3 B E RT 
H L R 

3 O f: 

e J O C O L B 
3 o E 

H L R 

T H 3 B E R T 

en expliquant cette disposition de la manière suivante : 

Il faut pour toute intelligence 

Lire par le C du milieu 

Vous verres dans ce petit lieu 

Ce grand nom si fameux en France • 

Par des quarrés bien adjustés 

Vous le lires de huict costes 

Dans cet ecusson admirable. 

Il est admirable en effect 

Puisqu'il contient le nom parfait 

D'un homme si considérable. 




Qt/i aura nicn l ^vnMpUt*/^'^^' 
fZ^e ccir aare-a.H€.- tjjotsson • 
^Ve*-ra Icj- Slrtms, et le .'A^m 



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S^'jyn^es trius qratùî fyomej re hrince ■ 

Dédicice à Mgr de la Reynie. Livre nécessaire à tonte sorte de condition 
Dimensions de Toriginal : lo c. X 8 c. 



— 8 — 
Et il applique le procédé au Rov, à La Reynie (fig. i)^ à Desmaretz, etc. 

(fig- 2). 

Toutes ces amusettes innocentes et d'un goût médiocre nous révèlent 
Barrême comme un homme candide et sans hialice, mais très imbu de son 
mérite et très soucieux de la réclame. 

Mais si l'on peut sourire de ses prétentions littéraires et lui contester un 
mérite poétique dont il ne paraît pas avoir douté, on ne peut lui refuser celui 
d'avoir su bien présenter ses œuvres. Si elles sont essentiellement arides par 





C even:r^fUt h*'jf*nt M' '' neMveVei ^aeei , 

*/?r*i/» G/? 4A'D COLSeRT U dtj^ne fHo-tJfeur: 

'^ Htvre de fên %e^ t '" fr»ui , 

> fTitrr Je fon R O 1 Cefi-^- é" '* faveur. 

. no tfiflti rexers tp-ofer Is ptudfrre, 

\, tn-ire au te tir *lMr.-ré If ealme (^ t' ^ hida»ee ; 

tf. t Ai>i< murr a l' Et** prendr: nos 'meri-fii. 

•S tvÀU fur l'un (y t autre i-r»' jufi halanre 

K^tff a ^trtruit , LeSi/'U^ , reconrun DB$>MAIÎETZ. 



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Fig. 2, — Dédicace à Mgr Desmaretz, Livres des Comptes faits , 
Dimensions de l'original : 14 c. X 9 c. 



leur caractère même, il s'est efforcé de leur donner une apparence aimable et 
séduisante en les illustrant de vignettes variées dont la collection est inté- 
ressante à réunir. Les premières éditions, qui avaient évidemment àtriompher 
de l'indifférence du public et à établir la réputation de l'œuvre sur une base 
solide, sont particulièrement riches en gravures. Le grand Banquier ou Livre 
des Monnayes présente, outre un coquet frontispice (ftg. ^j, dans lequel il est 
permis de voir les portraits de Pauteur et de son fils, en tête de chaque 



9 — 



chapitre, une nef symbolique (fig. 4) au-dessous de laquelle on lit ces vers 



Le grand Navire de la France 
Chargé de bonheur et de lys 
A pour chef notre grand Louys 
Et pour pilote la prudence 



Mais Paris son vice admirai 
Par un choix tout à fait royal 
A pour pilote et pour génie 
Notre illustre de la Reynie. 



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Fig. J. — Frontispice du Lme Jes Motinoj'es Lti ai.gc) e^ . 
Dimensions de roriginal : 9 c. 5 X i? c. 

Il n'est pour ainsi dire pas une édition nouvelle de ces divers petits 
volumes qui ne montre une ou deux élégantes vignettes, un frontispice gravé 
reposant l'œil des interminables tableaux de chiffres qu'ils contiennent. 



— 10 — 



Ce qui caractérise également ces ouvrages, c'est la réclame que leur ont 
faite leurs auteurs successifs : Barrême père, puis son fils. Chaque édition 
nouvelle est mise sous la protection d'un grand personnage. Colbert, La 
Reynie, de Nicolay, Desmaretz, marquis de Maillobois, sont tour à tour 
l'objet de dédicaces dithyrambiques selon le goût du jour. Puis, c'est une 
note collée sur le plat des volumes qui appelle l'attention du public sur les 
tentatives des contrefacteurs et déchue qu'est seul garanti le volume qui 
porte la signature de l'auteur. Enfin, c'est l'éditeur qui déclare Barrême trop 
occupé pour qu'il puisse continuer à contresigner ses ouvrages et qui les 
contresigne lui-même. 

Réclame bien innocente d'ailleurs et qu'on aurait mauvaise grâce à 
reprocher à ces auteurs ingénus. 




// efl très- Puiffant/'^^Par Mer (^irparT^ 



Fig. 4. — Le grand na-^ire de la France. Vignette extraite du Livre des Monnaies Etrangères 

Dimensions de l'original : 8 c. X 9 c. 5. 

Barrême eut, de bonne heure, la collaboration de son fils puis de son 
gendre. Dans l'une de ses préfaces il insiste sur la garantie que cette asso- 
ciation donne au public. « Nous travaillons, mon fils et moi, dit-il, avec 
» exactitude, fidélité et diligence, le pouvant faire plus utilement que bien 
» d'autres à cause qu'ils sont seuls ; mais nous sommes trois par l'acquisition 
» et l'association que je viens de faire avec mon gendre prétendu qui est 
» assurément un très sçavant teneur de livres parce qu'il les a tenus réelle- 
^ ment chez de bons marchands et qui entend fort bien les afi'aires réelles 
» du Négoce pour l'avoir pratiqué avec honneur, de sorte qu'étant trois pro- 
» fesseurs, le père, le fils et le gendre, nous allons rendre notre chambre 
» d^ instruction, qui est à la rue aux Ours, au coin de la rue Quinquempoix ^ 
7> une espèce d'académie pour tout ce qui touche le commerce des marchan- 
» dises et de Banque. >^ 



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1 1 — 



( 



Barrême complète cet avis en indiquant que « le Matin jusqu'à Midy 
hors le Jeudy, ils enseignent dans leur chambre d'instruction qui est au 
milieu de la Rue aux Ours et que, de Midy jusqu'au soir, ils enseignent 
chez eux au bout du Pont-Neuf, rue Dauphine». 

Les ouvrages publiés initialement par Barrême le père sont les suivants : 

I" Le Livre des Tarifs » où, sans plume et sans peine, on trouve les comptes faits 

divisés en trois parties sçavoir : 
Les tarifs communs; 
Les tarifs particuliers; 
Les tarifs du grand commerce ; 
dédiés à Mg"" Colbert Ministre d'État 
Comandeur des ordres du Roy 
par 
Barrême arithméticien 
lequel enseigne brièvement l'arithmétique. 
Se vend chez luy à Paris 
Au bout du Pont Neuf entrant en la Rue d'Auphine 
où il y a des affiches sur sa porte 

et chez Hughes Senus M. Liuère rue Richelieu 

1669 
avec privilège du Roy. 

En face du titre est V Écitsson admirable de Colbert avec les vers cités 

plus haut. 

* * 

2° Les Tari/s et Compte faits du grand Commerce'^ 

ou l'on y fait 

les changes d'Angleterre, d'Hollande, de Flandres 

d'Allemagne, de Suisse 

par Barrême arithméticien 

à Paris 1670 

Se vend chez l'autheur au bout du Pont Neuf rue Dauphine 

trois pièces de trente sous. 

Ce titre est inscrit dans un tableau porté par six amours. Il est suivi 
d'une épître en prose dédiée à noble Jean-Baptiste de Tavernier, seigneur 
et Baron d'Aubonne, qui fut un célèbre voyageur. 

Je trouve de cet ouvrage (fig. > j, sous le titre de : Le Livre des Comptes 
faits nouvelle édition \ une réimpression datée de 1689. 

Ce livre est celui qui a été le plus réimprimé. Le Catalogue général de 
la Bibliothèque nationale en mentionne quinze éditions de 1694 à 1779 et 
quatre-vingt-cinq de 181 1 à 1894 sur le livre des Comptes faits en francs et 
centimes édité par Mame en 1810. 



I. Bibliothèque nationale, V. 19494. 
3. Id., V. 19495. 
3. Id., V. 19496. 



12 



* 



I 

" 



3" Le livre facile pour apprendre rAritmétique 

de soy même et sans maître ^ 

dédié à M. Berthelot 

par Barreme aritmeticien ordinaire du Roy 

Ce livre se vend un escu. 

Ce titre est compris dans un encadrement, au haut duquel on voit le 



UO\lS LJL OKJt^r> 




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A paru Chez Hcny. 
Thierry 



méiUt Priai/ Ju'Rof 



Fig. 5. — Frontispice de : Le Livre des Comptes 
Dimensions de l'original : 7 c. X '3 c. 5. 



faits. 



roi à cheval avec de chaque côté deux figures représentant Tune : la France 
victorieuse et florissante, l'autre : la France laborieuse et abondante (fig. 6). 
Au bas, dans un médaillon ovale, est représentée une bataille, et 
au-dessous, un canon avec cette devise : la dernière raison des rois. 

l. Bibliothèque nationale, V. 19437. 



- 13 — 

Suit une ode de trente-trois strophes de dix vers chacune à Messire 
François Berthelot, conseiller du Roy et une épître en prose à M"^^ de 
Berthelot. 

Puis un anagramme de dix vers à Anne Berthelot. 

Espouse du grand Berthelot 

Très Sage, Honnête, Pure. Prudente, Louable, 

et des stances en eco (écho) 

Sur ces qualificatifs. 



tcw* Aircvir? 




A?arisChtt Jictus 
Thicrr u 



_. "-'^''^Aut^ Pruult/fe duKoy 



Fig. 6. — Frontispice de : Le Livre facile pour Aprendre l'Aritmétique. 
Dimensions de l'original : 8 c. X ^4 c. 

A la fin, privilège du Roy de 1670 et anagramme sur Séguier, trans- 
formé en Saverie avec un sonnet sur cet anagramme. 
En tête : armes avec un écusson au nom de 

Berthelot 



— 14 — 



et l'épigramme suivante: 



Lizès par le B du milieu 

Vous aurez de ce petit lieu 

Et la clef et rintelligence 
Par un ordre rompu ou désordre ajusté 

Une égale inégalité 
Vous fera voir le nom d'un homme d'importance. 

D'autres éditions de ce volume ont été publiées. Celle de 1705 est orné 
d'un frontispice représentant trois personnages, dont l'un, assis à son 
bureau, paraît donner des explications aux deux autres. 

* * 

4" Le livre nécessaire à toute sorte de condition ^ 
dédié à Mgr de la Reynie 

avec l'anagramme cité plus haut et une ode de quarante-six strophes, dont 
voici la première : 

Fameux ministre de mon Roy 

Capable de régler la France 

Je vous supplie accordez raoy 

Une favorable audience. 

Je vous demande icy pardon 

De ce que j'employ votre nom 

Pour authoriser mon ouvrage 

Vostre nom est si glorieux 

Qu'il peut me rendre cet hommage 

De petit qu'il est pre/ieux. 

C'est un des ouvrages dans lesquels Barrême a laissé le plus de champ 
à sa verve poétique. 

La première édition a été publiée sur un privilège de 1670. 

5° La géométrie servant à V arpentage '^ , 

Le titre est inscrit sur un vélum flottant, porté par une renommée qui 
embouche une trompette, sur le volant de laquelle est écrit : Dédié à 
M. Legendre. 

En bas, deux amours portent un vélum plus petit, sur lequel est écrit : 

par Barreme. aritmeticien ordinaire du Roy. 
Le privilège du roy est de 1673. 

Suit une ode dédicatoire à >L Legendre, en vingt-trois strophes de 
dix vers chacune. 






■I 



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1. Bibliothèque nationale, V, 19631 
5. Id., V. 19678. 



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6® Le grand Banquier ou le livre des Mon noyés étrangères réduites en monnaye 

de France. 
Première édition en 168 1. 

J'ai parlé plus haut de ce volume, illustré d'un beau frontispice et orné 
de plusieurs gravures sur bois. 

Il est dédié à Monseigneur Colbert et contient une poésie, qui est bien 
le type le plus accompli de cette plate littérature : 

Les monnoyes de tout temps, surtout les étrangères, 

Ont si peu de raport en leurs differens Prix 

Qu'en France on n'a point veu qu'aucun ut entrepris. 

De les réduire au Pair par Tables nécessaires. 

J'ay travaillé dix ans au Pair de treize lieux 

Et n'en faut guère moins au Scavant Curieux 

Qui voudra travailler à seize autres de suite 

A la fin j'ay réduit tous ces prix differens 

Mais c'est par le secours des Grands Negocians 

A qui je rends l'honneur qu'on doit à leur mérite. 

7° Le Livre des Aydes Domaines et Finances ^ 

dédié à Monsieur Berrier 

par Barreme, aritmeticien 

à Paris 

chez Denys Thierry. 

Ce titre est inscrit sur une sphère que porte un Hercule à genoux. 



* 



Plus tard Barrême fils a publié : 

Le grand Commerce ou le Nouveau livre des changes Estrangers de tous les 
pays d'Europe \ avec un beau frontispice et un portrait de l'abbé Bignon, 
Conseiller d'Etat ordinaire, Président des académies, auquel il est dédié 170a! 

Le Second tome du grand Commerce ou sont traités les Changes d'Espagne 3, 
1717. 

Le traité des Parties doubles ^, 1721. 

Comme je l'ai dit, ces divers ouvrages ont eu un grand nombre de 
réimpressions. 



1. fiibliothèqoe nationale, V. 31487. 

2. Id., V. 1967 1. 

3. Id., V. 1967a. 

4. Id., V. 19675. 






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Edités successivement chez l'auteur, chez Denys Thierry, chez la 
veuve Macé, chez Jean Geoffroy-Nyon, chez ki veuve Bessin, chez la veuve 
Villery, puis, vers le milieu du XVIIP siècle, chez plusieurs libraires, parmi 
lesquels sont les Didot, ils paraissent vers ce moment, mais à une date 
indéterminée, sans doute par suite de la mort de Barrême fils, être devenus 
la propriété d'une association de libraires. 

La demande du privilège pour l'édition de 1771 est faite par le sieur 
Paul-Denis Brocas, libraire, et contient une déclaration de ce dernier 
attestant que ledit privilège, obtenu en son nom, appartient à la Compagnie 
des libraires associés aux Barrême. 

A cette époque, l'œuvre ne se rattache plus à une personnalité déter- 
minée et elle se continue, d'éditions en éditions, anonyme, ne rappelant 
plus son premier auteur que par son nom même, devenu le terme générique 
par lequel on désigne communément tout ce qui est table de calculs faits 
d'avance. 















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